Sur le champ ! Toute une histoire

Le kiosque Peynet raconte le festival

Je suis né en 1890. Kiosque à musique je suis. Kiosque Peynet aussi, depuis que le célèbre illustrateur m’a choisi comme écrin des rencontres d’un violoniste et de son amoureuse. Je suis connu dans le monde entier et, sans me vanter, je suis LE monument symbolique de Valence, planté au cœur du Champ de Mars, le point central de la ville.

Avant 2016, mes étés se ressemblaient, leur quiétude tout juste troublée par des notes de musique s’élevant certains soirs du parc Jouvet voisin. Depuis 2016, en juillet, j’accueille le festival Sur le champ ! Pendant quatre jours et autant de nuits, ma petite vie tranquille est bouleversée. Et j’adore ça.

Ces jours-là, dès l’après-midi, l’ambiance est électrique. Des hommes et femmes, vêtus pour la plupart de noir, s’agitent autour de moi. Les talkies-walkies crépitent, les lumières s’affolent, les micros se branchent et les guitares s’accordent. Je reconnais cette effervescence entre mille. Dans quelques heures, les portes s’ouvriront. J’ai hâte, cela m’a tellement manqué. Toute une année à attendre ces quatre soirées qui verront les styles musicaux s’enchainer dans un tourbillon envoûtant : rock, hip-hop, reggae, musiques du monde…  

Alors que le soleil commence à décliner, je vois débarquer des amis, des familles, des voisins, des couples… Ils seront encore plusieurs milliers ce soir à me tenir compagnie. À danser, chanter, sauter, s’enlacer. Les premiers arrivés courront se caler au plus près de la scène. D’autres viendront passer une soirée entre amis à écouter les concerts qui se succèdent, profitant de la buvette, attendant leur tour  devant des fourgonnettes colorées d’où sortent des odeurs qui mettent l’eau à la bouche. Il y a les habitués qui reviennent chaque année et les curieux débarquant par hasard, guidés par la musique. Les familles entières, des grands-parents aux petits-enfants. J’en ai même vu qui arrivaient avec leur valise, pour passer le temps en attendant leur train. J’en ai surtout vu quelques-uns le rater sans même s’en apercevoir !

Et puis soudain,  le spectacle commence. Les musiciens montent sur scène, me faisant face. Dans leur dos, le soleil se couche, illuminant les ruines de Crussol. Comment décrire la sensation qui m’étreint lorsque l’artiste apparait, quand les premiers accords font vibrer l’air ? Certains débutent. Ils ont le trac. Famille et amis sont venus les soutenir. J’assiste à leurs premiers pas, ému, bienveillant, certain qu’ils reviendront un jour avec l’assurance qu’offre le succès. Pour d’autres, habitués des Zéniths, la scène est une seconde maison. Ils se l’approprient dès les premiers accords déclenchant l’enthousiasme de leurs fans venus parfois de loin pour profiter de l’aubaine. Car tous les concerts sont gratuits, ai-je omis de le préciser ?      

Quand le dernier groupe de la soirée salue après un ultime rappel, les sourires se prolongent sur les visages des festivaliers. Souvent, ils ont du mal à repartir, s’attardent autour d’un verre, retrouvent dans la foule des visages connus et poursuivent ensemble la soirée… sans doute dans un café voisin.

Reviendront-ils le lendemain ? Je les entends se donner rendez-vous après « un après-midi sur les bords de la Drôme », ou « une journée avec les enfants, au centre aqualudique de l’Épervière », ou encore « une balade au château de Crussol » que j’aperçois, côté Ardèche. Parfois fuse une proposition de « resto ». Un autre plaisir, en prélude au concert, celui d’un bon repas… d’autant qu’à Valence, la gastronomie est reine.

Lorsque les dernières notes se sont évaporées, je reste avec mes souvenirs, solidement ancrés dans mon cœur en bronze. Les bonheurs simples. Les yeux pleins d’étincelles. Les bras levés. Les mains jointes. Ce couple d’amoureux (je suis un incorrigible romantique) se bécotant sur la pelouse. La virtuosité d’un violon. La pureté d’une voix cristalline. La joie d’une musique du monde métissée. L’énergie d’un solo de batterie. Un concentré d’émotions et de sensations. La vie.

Retour sur les éditions précédentes

Le festival Sur le champ !, c’est chaque année (hors Covid !) des têtes d’affiche qui côtoient des pépites locales. Au cours de ces soirées 100 % gratuites, les Valentinois ont applaudis sur scène de nombreux artistes.

2022

Bon entendeur | Anne Sila | Barbara Pravi | Nemir | Poupie | Delgrès | Victor Solf | Stéphane | Toulouse Con Tour | Melba | Oscar les vacances | Thaïs Lona | Nicolas Paugam

2019

Grand Corps Malade | Jeanne Added | L’Entourloop Ft Troy Berkley & N’Zeng | Grupo Compay Segundo | Jazzy Bazz | Aziz Sahlmaoui & University of Gnawa | The Angelcy | Baptiste Dupré | Adam Naas | Saro | Dors Centure | Da break | Mehdi Dix et invités

2018

La Femme | Caballero & Jeanjass | Alsarah & The Nubatones | Madalisto |Loïc Nottet | Gaël Faure | Isaac Bonnaz | Tracy de Sa | Lonepsi | Hoshi | Off Models Band | Carré court | Théo Lawrence & The Hearts

2017

Catherine Ringer | Juliette Armanet| Camille & Julie Berthollet | Hindi Zahra & Fatoumata Diawara |  | Wax Tailor |Orchestre symphonique de Bryansk | Paradis| L’âge d’Or du rap Français | Émily Tissot | Palatine | Sly Apolinaire Sélavy | Samira Brahmia  | Wailing Trees | Blade Madame Bert | Hip Hop Social club

2016

La Caravane Passe | Anwar | JB’s Original James Brown Band | Tribute to Ray Charles | U.G.O | Vianney | Marion Elgé | Chevalrex | Oxmo Puccino | Hippocampe fou | Grolantoine trio Feat Max Nabis | La Bonne Combine | General Elektriks | Minuit | Grand Blanc | Grandepolis | Sinclair | The Angelcy |Crystal pulse

2015

Atvakhabar Rhapsodies | Les Barbarins Fourchus (Pasha disco club) | Le grand bal des cousins | La surprise partie | Anne Sila | Flavia Coelho | The summer rebellion | Charlélie couture | Guts (live Band) | Seun Kuti & Egypt 80 | Shake shake go | Maxime Dangles (Skryptöm) live | Barcella | The Hacker (live) | Zebda | Raul Paz

Voilà déjà 48 ans que Valence a son festival d’été ! Retour sur les grands moments de son histoire…

1973

En 1973, l’Apival (Association pour la promotion et l’industrialisation de Valence) crée les premières Fêtes de l’été de Valence. Entièrement gratuites, elles animent la ville pendant un mois et mettent à l’honneur l’art sous toutes ses formes (musique, théâtre, humour…)

1998

Les Fêtes de l’été se transforment : la programmation se diversifie, les lieux de spectacles se multiplient… Le Festival d’été de Valence est né !

2005

Le vendredi 29 juillet 2005, Johnny Cleg, première star internationale à se produire au festival, enflamme le parc Jean-Perdrix.

2013

Le 30 juillet 2013, Dionysos est de retour sur ses terres natales pour fêter ses 20 ans !

Un concert inoubliable où plus de 12 000 personnes ont dansé un bird’n’roll endiablé sous une pluie de plumes rouges.

2014

La dernière édition organisée au parc Jouvet voit l’apparition d’un festival Off qui met en avant la scène musicale valentinoise.

2015

En 2015, le festival devient le festival Sur le Champ ! et quitte le parc Jouvet pour s’installer au Champ de Mars. Pouvant accueillir près de 8 000 personnes par soir, il propose désormais une programmation sur 4 jours alternant têtes d’affiches, artistes du territoire et découvertes en plein développement.